dimanche 1 janvier 2012

Abandonnez-vous à la bonté de Notre-Seigneur

[Dans les écrits de Mère Marie de Jésus Deluil-Martiny]

A une Postulante

Marseille, 23 avril 1876.

MA CHÈRE PETITE SOEUR,

J’ai bien regretté de ne pouvoir répondre plus tôt à vos lettres, si délicates, si vraiment filiales, et vous envoyer un mot d’encouragement. Mais il a plu à Notre-Seigneur de m’éprouver d’une façon bien douloureuse, par la mort de ma bien-aimée et excellente mère, la seule personne de ma nombreuse famille qui me restait au monde, car j’ai vu mourir tous les autres. Vous pensez que ce nouveau coup a rouvert les anciennes plaies de mon coeur; mais j’adore les desseins de Notre-Seigneur et je baise sa main divine, en répétant le fiat du fond de mon âme. Ma mère est morte comme une sainte ; priez M..., quand vous la verrez, de vous raconter les détails que lui donne à ce sujet ma Soeur X...; ils vous intéresseront. Elle a promis de prier pour vous là-haut, près du Coeur de Jésus.

Je compatis profondément à la peine que doit forcément vous causer l’attente de votre entrée en religion, attente prolongée par Notre-Seigneur lui-même, puisqu’elle est occasionnée, non par votre volonté ou votre choix, mais par des événements de Providence, aussi inattendus que douloureux, auxquels nous ne pouvons rien changer. Persuadez-vous bien, chère enfant, que tout tourne au bien de ceux qui aiment Dieu ces événements de Providence, ces croix imprévues, ces contre-temps inévitables, portent avec eux une grâce que la souffrance nous communique, et qui est plus profitable à nos âmes que la réalisation immédiate de nos plus saints désirs. II faut savoir tout modérer, et vous n’êtes pas la première que Dieu, d’une façon ou d’une autre, arrête au bord de la terre promise et fait mûrir par le retard. Une vocation vaut ce qu’elle coûte, ordinairement : se présenter, être admise, supporter quelques combats intérieurs et quelques petites oppositions de sa famille, qu’est-ce donc pour acheter cette grande grâce de l’entrée et de la persévérance en religion ?... Alors Dieu donne quelque autre épreuve; quelquefois, c’est la santé altérée qui prolonge l’attente, jusqu’à faire parfois craindre de n’arriver jamais; d’autres fois, la famille se réveille tout d’un coup et exige des délais nouveaux; ou un deuil force à tout remettre, vu la désolation et es exigences de l’entourage, etc., etc. Pendant ce temps, la petite plante pousse des racines, le coeur s’échauffe de saints désirs, l’âme se purifie et se détache par le renoncement à ses petits plans de retraite, la vocation se fortifie et se mûrit ; c’est un grand bien. Laissons faire Dieu quand c’est lui qui nous retarde dans l’accomplissement de nos voeux, il n’y a rien à craindre et il y a beaucoup à gagner. Or, jamais ce n’est plus directement Dieu qui agit que dans les événements de Providence, indépendants de notre volonté, comme la maladie, la mort, etc. Je suis consolée de penser que le coup, pour vous donner la grâce consolidante de l’attente, a frappé sur moi, plutôt que sur vous, par un malheur personnel.

Ranimez donc votre courage, et que Notre-Seigneur vous trouve ferme et persévérante; les Vierges sages ne seraient pas entrées au festin des Noces, si, voyant prolonger leur attente dans la nuit, elles s’étaient lassées d’attendre ou si elles étaient allées courir à droite et à gauche en se lamentant et en fouillant tous les chemins par où 1’Epoux pouvait arriver, au lieu de l’attendre là où elles devaient demeurer pour cela ; elles auraient très bien pu, au milieu de leurs recherches, être en une route pendant qu’Il arrivait par l’autre, et, le manquant au passage, arriver trop tard, lorsque les portes étaient closes. Imitez leur patience, leur prévoyance et leur recueillement. Abandonnez-vous à la bonté de Notre-Seigneur, endormez-vous dans les bras de la Providence ; et, au milieu de cette nuit de l’attente, vous ne tarderez pas à entendre crier : « Voici l’Epoux qui vient, allez au devant de Lui ! (1) » Alors, vous vous lèverez, généreuse, et, avec la lampe que vous aurez remplie d’avance de l’huile de vos bonnes oeuvres et de vos sacrifices, vous vous hâterez à la suite du divin Epoux, jusqu’à la salle du festin, dont les portes se fermeront entre le monde et vous pour toujours. Cette heure fortunée va sonner pour vous, ma chère fille, pendant le mois de notre Mère du Ciel. Ainsi, tenez-vous prête. Ecrivez-moj un mot, afin que je sois fixée moi-même sur votre exactitude pour le 25 ou 31 mai. D’ici à ce moment, préparez votre lampe spirituelle, et ne vivez plus que pour Jésus seul. Courage et confiance ! Comptez sur mon affection maternelle et mon entier dévouement; il me tarde de vous voir toute à Jésus.

Priez beaucoup pour ma pauvre mère et pour moi.
MARIE DE JÉSUS.

(1) Matth., 25, 6.

[Lettres de Mère Marie de Jésus Deluil-Martiny, fondatrice de la Société des Filles du Cœur de Jésus. - Paris, P. Lethielleux, 1965 – Imprimatur: Luçon, le 11 Octobre 1965. L. Bouet, v. g.]

dimanche 25 décembre 2011

Vivons désormais les yeux fixés sur l’éternité

[Dans les écrits de Mère Marie de Jésus Deluil-Martiny]

23 avril 1876.

Que n’avez-vous été ici, pour ces moments si pénibles et cette visite de la mort ! Je vous ai regrettées toutes, non seulement pour l’adoucissement de ma peine, mais encore pour votre instruction et votre avancement spirituel ; le spectacle de notre fin est une si grande leçon Toute vie est courte, même celles qui semblent les plus longues ; et puis, il faut tout quitter, et s’en aller, seul à Dieu !... Et alors, quels regrets pour toutes nos lâchetés, nos impatiences, nos raisonnements, nos infidélités, notre amour-propre !... Réparons le passé, ma fille, et vivons désormais les yeux fixés sur l’éternité où nous attend un si bon Maître si nous sommes fidèles, un si grand juge, si nous sommes lâches et tièdes.

[Lettres de Mère Marie de Jésus Deluil-Martiny, fondatrice de la Société des Filles du Cœur de Jésus. - Paris, P. Lethielleux, 1965 – Imprimatur: Luçon, le 11 Octobre 1965. L. Bouet, v. g.]

mardi 20 décembre 2011

Vocation religieuse

Une jeune fille m'a écrit pour me raconter son expérience vocationnelle chez les Filles du Coeur de Jésus fondées par la zélée Bienheureuse Marie Deluil-Martiny.

Cher D.,
              Je ne trouverai jamais assez de mots pour te remercier de m'avoir conseillé le couvent des Filles du Coeur de Jésus. Ca a été une expérience extraordinaire qui a allumé un grand feu dans mon coeur. Ces soeurs semblent être des anges blancs sur terre. Elles m'ont accueillie avec beaucoup de disponibilité et d'amour. Cela se voit qu'elles aiment ardemment les Coeurs de Jésus et Marie. Leur prière ne cesse jamais, un hymne continu de louanges jusqu'au plus haut des cieux, sans signe de fatigue mais avec joie et amour. En ces jours, j'ai prié intensément et j'ai demandé au Seigneur quelle voie Il veut que je suive pour L'aimer de plus en plus. Aujourd'hui pendant la Messe, avant de partir, durant le dernier chant d'adoration avec le Très Saint exposé, mon coeur s'est mis à battre la chamade et j'ai commencé à pleurer presque contre ma volonté et j'ai ressenti une émotion indescriptible, à quel point Jésus nous aime, son Coeur bat ainsi pour nous !!!

Encore merci pour toute ta précieuse aide !

Bons baisers dans les Coeurs de Jésus et Marie !!

(Lettre signée)


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Les jeunes qui veulent passer quelques jours de retraite spirituelle dans le monastère de clôture des Filles du Cœur de Jésus de Marseille pour discerner leur propre vocation, peuvent les contacter en écrivant à ces adresses:

Monastère des Filles du Cœur de Jésus
68 Traverse de la Serviane
Les Trois Lucs
13012 Marseille

Tél. 04 91 93 43 46

samedi 10 décembre 2011

L’Eglise

[Dans les écrits de Mère Marie de Jésus Deluil-Martiny]

«L’Eglise, dans les diverses parties de sa vie, reflète, comme un très fidèle miroir, la vie de Jésus, son Chef et son Epoux. Tous les mystères, tous les actes de la vie de Notre-Seigneur sont devenus l’objet d’hommages particuliers, et de sources spéciales de grâces, appliquées avec une abondance plus ou moins grande, suivant les temps, les périls ou les besoins de l’Eglise.»

«N’ayez pas grand peur pour les dangers de l’Eglise: ce n’est pas l’Eglise qui est en danger, elle a la parole de Jésus-Christ, et rien ne l’ébranlera. Ceux qui sont en danger ce sont les dissidents et les opposants de toute nature…»

«Dans les maux extrêmes et universels que souffre l’Eglise, dans cette oppression infernale de la foi des peuples, dans cette désolation des cœurs chrétiens, et cette rage contre les Ordres religieux, ne faut-il pas essayer de réunir quelques mains suppliantes qui ne cessent de s’élever vers le Ciel, quelques cœurs qui crient sans cesse miséricorde, et qui offrent perpétuellement le Sang de Notre-Seigneur et leurs pauvres sacrifices en réparation de tant de crimes, et pour obtenir la fin des maux inouïs de l’Eglise.»

«Ah! que j’aime cette promptitude de soumission à Rome! C’est la pierre ferme; hors de là, point de vérité.»

«‘Il a fallu que le Christ souffrît et qu’il entrât ainsi dans sa gloire’ (Lc24,26); il faut que l’Eglise et les âmes passent par le même chemin. L’Eglise ne vit pas seulement un jour: quand les martyrs tombaient, comme tombent l’hiver les flocons de neige, n’eût-on pas pu croire que tout était perdu? Non, leur sang préparait les triomphes de l’avenir! Nous ne vivons pas pour nous, il faut tout voir dans les desseins de Dieu.»

«Le but de Satan, l’idéal des sectes est de chasser Jésus-Christ du monde, d’abolir jusqu’au souvenir de sa doctrine et de lui arracher les âmes: il faut donc aimer Jésus-Christ, nous unir à Jésus-Christ, imiter Jésus-Christ, gagner des âmes à Jésus-Christ.»

lundi 5 décembre 2011

Tout pour les Prêtres

[Dans les écrits de Mère Marie de Jésus Deluil-Martiny]

«Les Prêtres sont les bras de l’Eglise, toujours levés pour sacrifier et pour offrir ; et toute l’Eglise devrait sans cesse, unie à eux, sacrifier et offrir par ces mains consacrées. Hélas ! Dieu ne reçoit pas cette gloire, à cause de l’indifférence et de l’ingratitude des hommes. Et Il veut réunir des âmes à Lui, des âmes tellement unies au Sacerdoce qu’elles soient comme une seule âme avec l’âme du Prêtre pour glorifier l’Adorable Trinité par Jésus-Christ, avec Jésus-Christ et en Jésus-Christ ; mais en passant par l’âme du Prêtre pour le sacrifier et l’offrir.»

«Je donnerais volontiers ma vie pour que Notre-Seigneur trouve dans ses Prêtres ce qu’il attend d’eux; je la donnerais pour qu’un seul d’entre eux réalisât pleinement son plan divin; il y en a qui, certes, le font; mais je veux dire que pour qu’un seul de plus le fasse, ma vie serait volontiers donnée. Ô admirable union d’immolation, d’amour, de zèle, entre le Cœur de Jésus et le cœur de son Prêtre.»

«Le meilleur moyen d’aider les Prêtres, c’est de s’immoler pour eux!...»

«L’union à l’autel, l’union au Sacrifice, cette identification d’une vie entière aux Ministres du Seigneur afin qu’ils célèbrent plus dignement; c’est un attrait qui est sublime, c’est du pur catholicisme; aider les Prêtres, se dévouer pour eux!»

«Par Marie et avec Marie, elles adoreront, serviront et offriront Jésus Prêtre et Victime à l’Autel (l'Eucharistie), et Jésus Prêtre et Victime sanglante au Calvaire (les souvenirs du Calvaire). Par Marie et avec Marie, elles aideront et serviront Jésus Prêtre et Victime dans ses Prêtres (l’Eglise) par leurs immolations et leurs prières.»

vendredi 2 décembre 2011

Allons à Jésus par Marie

[Dans les écrits de Mère Marie de Jésus Deluil-Martiny]

«Marie, dans l’incomparable mesure de sa sainteté et de son amour, a d’abord reçu du ciel le lys de sa Virginité, puis son Jésus, puis les âmes, chacun de ces dons augmentant la splendeur des deux autres. Vierge sans tache, Mère de Jésus, elle est devenue son Epouse sur le Calvaire pour y enfanter nos âmes et devenir notre Mère. Les âmes que Jésus aime d’un amour spécial suivent toutes ce chemin.»

«Allons à Jésus par Marie. Que cette divine Mère forme nos cœurs selon le sien, et qu’elle nous obtienne de connaître Jésus, d’aimer Jésus, d’imiter Jésus, et de devenir d’autres Jésus. C’est ce que nous lui demanderons avec d’humbles instances, en la suppliant en même temps de faire triompher dans le monde les intérêts sacrés de son divin Fils.»