vendredi 1 novembre 2013

Unissez vos souffrances aux agonies que le Coeur de Jésus a souffertes

[Dans les écrits de Mère Marie de Jésus Deluil-Martiny]

26 janvier 1875.

Ma chère fille et Soeur en Notre-Seigneur, il me tardait bien de pouvoir revenir auprès de vous. Le doux Jésus vous a donc un peu remontée? Mais, sans doute comme vous voulez être sa petite victime, Il n’aura pas manqué de frapper bientôt à la porte de votre coeur avec sa croix : Courage ! Jésus ne mérite-t-Il pas d’être courageusement servi et généreusement aimé par quelques âmes quand tant d’autres l’outragent, le délaissent, le méprisent? Lorsqu’Il n’a presque plus dans le monde où reposer son coeur, ne faut-il pas qu’il puisse se réfugier dans l’âme de ses filles et y trouver l’amour, le dévouement et le sacrifice? Dieu compte tout, ma chère fille, et il est bien content de tout ce que vous faites pour son oeuvre, dans la mesure de vos forces. Remontez bien votre courage, et unissez toutes vos souffrances aux agonies que le Coeur de Jésus a souffertes. Tenez-vous sur l’autel afin qu’il vous offre avec lui.

Il faut s’aguerrir un peu. Quand on se porte bien, il ne faut s’épargner en rien; quand on est souffrant, il faut accepter les soins sans les chercher ; il faut les recevoir comme une aumône faite à Notre-Seigneur Jésus-Christ en notre personne, car nous sommes toutes les pauvres de Jésus : c’est-à-dire les recevoir humblement, généreusement, trouvant touj ours que c’est trop pour nous ; portant nos souffrances avec un coeur bien soumis et d’un extérieur doux et content, pour l’édification et la consolation du prochain. Autrement, que ferait-on de nous dans les fondations qui se préparent et où tout peut manquer à la fois ?... Ce courage sur soi-même ne s’apprend pas en un jour; mais, avec la grâce et la bonne volonté, les bien portantes et les malades ne peuvent manquer de l’acquérir. Et cette vertu a cela d’excellent qu’elle peut nous accompagner dans les plus rudes extrémités, et même à la mort. Avec elle on peut mourir l’arme au bras, comme un vaillant soldat de Dieu.

[Lettres de Mère Marie de Jésus Deluil-Martiny, fondatrice de la Société des Filles du Cœur de Jésus. - Paris, P. Lethielleux, 1965 – Imprimatur: Luçon, le 11 Octobre 1965. L. Bouet, v. g.]